FRANCE - Les conséquences de l’élection de 1995


FRANCE - Les conséquences de l’élection de 1995
FRANCE - Les conséquences de l’élection de 1995

France. L’élection présidentielle de 1995: les conséquences

Les sept mois qui ont suivi l’élection présidentielle s’expliquent en partie par les ambiguïtés de la campagne et par les caractéristiques spécifiques des résultats – notamment le faible score au premier tour du président finalement élu et le nombre plus élevé qu’à l’accoutumée des abstentions, des votes blancs et nuls, et des suffrages qui se sont portés sur les candidats n’appartenant pas aux partis de gouvernement. Rarement le pays politique a été autant privé de repères, et rarement l’exercice du pouvoir est apparu si difficile. L’année s’est achevée avec un conflit social de grande ampleur qui traduit, au-delà de la crise économique et de préoccupations particulières, un profond mal-être politique. Dans le même temps, les cotes de popularité non seulement du chef du gouvernement mais aussi du président de la République atteignaient des niveaux exceptionnellement bas: à la fin d’octobre, 59 p. 100 des Français étaient mécontents du président de la République et 28 p. 100 satisfaits, 64 p. 100 ne faisaient pas confiance au Premier ministre et 30 p. 100 lui accordaient leur confiance (Le Monde , 26 oct. et 9 nov. 1995), les chiffres des satisfaits ayant même diminué au début des grèves de décembre. Cela s’explique par un ratage initial: le début du septennat de Jacques Chirac avait été marqué par une sorte de piétinement renforçant l’impression d’impuissance du politique sur la réalité et contrastant avec les ambitions affichées. Quant à la gauche socialiste, malgré certains succès aux municipales et une unité apparemment retrouvée autour de Lionel Jospin, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, elle n’a pas encore accompli le travail programmatique ni le renouvellement des hommes qui lui permettraient d’apparaître comme une force d’alternance crédible. S’agissant des mouvements divers qui ont secoué la droite – division profonde de l’U.D.F., changement de nom du C.D.S., devenu Force démocrate –, ils n’intéressent guère qu’une partie du “microcosme” politique et s’apparentent plus à des jeux d’appareil qu’à une réponse nouvelle à la mesure des enjeux de la société française. Tout s’est passé comme si l’élection n’avait débouché sur aucun changement tangible dans la pratique de l’action politique et comme si nul ne voyait très bien comment l’avenir allait être écrit.

Municipales: correction et contestation

Parmi les facteurs explicatifs de la crise gouvernementale, on peut invoquer un certain attentisme en raison des élections municipales. Celles-ci avaient été reportées au mois de juin, officiellement pour ne pas influencer les résultats de l’élection présidentielle et, plus officieusement, pour que la droite – dont la victoire était attendue en mai – bénéficie aux municipales de l’effet “état de grâce” du premier mois du septennat. En réalité, il n’en a rien été: il n’y a pas vraiment eu d’état de grâce – au contraire –, et le pays, comme frustré après une longue attente, demandait des changements immédiats sans vouloir accorder de crédit ni retarder son jugement, alors même que le gouvernement, dont les efforts de ses membres les plus éminents avaient consisté pour l’essentiel à guerroyer contre le candidat Balladur, semblait comme précocement épuisé et sans ressort. Les municipales (11 et 18 juin) ne firent que confirmer l’essoufflement de la droite sans pour autant apparaître comme une revanche pour la gauche socialiste. Elles furent surtout marquées à la fois par une correction de ce qui était localement perçu comme l’hégémonie d’un pouvoir sans partage – à Paris –, marqué par les affaires – Grenoble, Lyon, Nîmes, Levallois-Perret – ou encore vieillissant et autoritaire – Arles, Tours, Le Havre, Avignon, Valence –, et par une amplification de la contestation, parfois radicale, dont le Front national devait profiter.

Y apparurent déjà certains signes précurseurs de l’exaspération et de l’angoisse qui devaient se manifester après la période estivale. Le taux d’abstention (y compris les votes blancs et nuls) est inhabituellement élevé pour ce type de scrutin: 30,6 p. 100 au premier tour (contre 27,2 p. 100 en 1989, 21,6 p. 100 en 1983, 21,1 p. 100 en 1977 et 24,8 p. 100 en 1971); il s’élève même à 32,02 p. 100 au second tour (contre 26,9 p. 100 en 1989). Surtout, les candidats du F.N. réalisent des scores exceptionnels. Par rapport à 1989, ses listes progressent à peu près partout et obtiennent des résultats plus élevés que ceux de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle en Île-de-France et dans le Rhône notamment, alors que, aux exceptions près de Vitrolles, Salon-de-Provence et Marignane, les scores sont en général inférieurs dans le sud de la France, ainsi que dans l’Est (sauf Mulhouse), peut-être en raison de la consanguinité plus grande de la droite et du F.N. dans le Midi et de la crédibilité plus forte de tel ou tel candidat en lice pour répondre aux revendications explicites ou diffuses des électeurs frontistes. Ses candidats imposent ainsi de nombreuses triangulaires dans les villes de plus de 20 000 habitants et finissent par être élus à la tête de trois d’entre elles, dont l’une de plus de 100 000 habitants (Toulon) et l’une de plus de 30 000 (Marignane).

Globalement furent élus 14 071 maires nouveaux sur 36 773, soit un taux de renouvellement de 38,3 p. 100, de nombreux maires ne se représentant pas en raison de leur âge ou d’une certaine lassitude. Si le changement d’équipes municipales, y compris dans les grandes villes, est assez important – 128 maires nouveaux sur les 388 maires des villes de plus de 20 000 habitants, avec une modification de coloration partisane dans plus de cent cas –, c’est pourtant une relative stabilité politique qui ressort de la consultation, en dehors de la montée rapide du Front national et d’un déclin relatif du Parti communiste (malgré quelques succès locaux), avec une bonne résistance du Parti socialiste.

Par rapport aux élections municipales de 1977 ou de 1983, celles de 1995 ne sont pas apparues porteuses d’un grand enjeu national à des citoyens fatigués et déçus, en dépit d’une certaine mobilisation contre le danger d’extrême droite (avec le retour du débat sur le front républicain) et de quelques événements à caractère plus ou moins symbolique: la soustraction de six arrondissements à l’hégémonie de la droite à Paris sur fond de lutte contre un système jugé clientéliste et étouffant, et de fin d’une époque; l’alternance à Grenoble, pour signifier la fin du système Carignon; la chute du Havre, la municipalité communiste la plus peuplée; le passage à droite de Marseille; l’échec de Valéry Giscard d’Estaing à Clermont-Ferrand. Signe de faiblesse des considérations nationales, parmi les villes, respectivement de gauche et de droite, de plus de 30 000 habitants où, respectivement encore, Jacques Chirac et Lionel Jospin étaient majoritaires, 9 sur 34 ont basculé à droite et 4 sur 12 à gauche, et ce en général pour des raisons locales. Si la majorité présidentielle marque un faible avantage au profit du R.P.R. lorsqu’on prend les villes de plus de 30 000 habitants, ces municipales ne changent pas fondamentalement la donne politique au sein des forces classiques. Rétrospectivement, en tout cas, rien ne justifiait l’attentisme du premier mois du gouvernement.

De l’immobilisme institutionnel à la crise des élites

De multiples facteurs ont concouru à créer, dans de larges franges de l’opinion publique, une crise de confiance envers l’action gouvernementale. Certains sont directement imputables à cette dernière: caractère un peu terne de la déclaration de politique générale du Premier ministre à l’Assemblée nationale le 23 mai 1995; série de mesures techniques sans vision d’ensemble évidente annoncées lors de la conférence de presse du 22 juin 1995; composition pléthorique et peu compréhensible, voire peu efficace, du premier gouvernement Juppé (42 membres, soit le gouvernement de droite le plus important de la Ve République), accompagnée de nombreux “ratés” dans la communication; affaire du logement personnel du Premier ministre; départ d’Alain Madelin, le ministre le plus “visible” de l’équipe, qui devait priver le gouvernement de tout “poids lourd” politique; contestation plus forte que prévu, en France même, de la reprise des essais nucléaires décidée par le président de la République; déception devant le faible renouvellement du deuxième gouvernement Juppé, plus resserré, effectué le 7 novembre. La pratique du pouvoir au cours des six premiers mois paraissait éloignée des attentes et des espoirs, au point même de décourager parfois les plus fervents soutiens du président élu.

Mais il est aussi des facteurs plus profonds et d’ordre politique qui expliquent cette crise de confiance et renforcent le poids des facteurs immédiats. En premier lieu, Jacques Chirac avait été élu pour réaliser d’importants changements: une nouvelle manière de gouverner et la résorption de la “fracture sociale”. Si son propos n’était pas nécessairement cru de manière solide par ses électeurs et s’il était trop vague pour donner lieu à un contrat de gouvernement clair, son élection représentait pour beaucoup le seul espoir, et ils lui accordèrent le bénéfice du doute. Les Français aiment tout essayer; ils avaient essayé Jacques Chirac. De nombreux citoyens, ayant ou non voté pour lui, attendaient pour le moins une rupture tant avec le double discours mitterrandien qu’avec l’enfermement dans la “pensée unique” incarné par Édouard Balladur. Or, en raison des déficits antérieurement accumulés et d’une préoccupation de crédibilité internationale, la politique économique ne fut pas substantiellement modifiée. Très vite, le sentiment d’urgence gestionnaire l’emporta sur celui d’une action radicalement différente, au point de faire se réduire les plus grandes ambitions – par exemple celle du “plan Marshall pour les banlieues”. Des éléments de rigueur nouvelle, notamment en matière fiscale – dont, dès avant mai 1995, de nombreux “experts” avaient souligné le caractère inéluctable –, furent très vite annoncés, alors même qu’ils avaient été récusés par le candidat. Certains d’ailleurs, de nature progressiste (taxation alourdie des revenus du capital), heurtaient de front l’électorat de droite, sans que soit satisfait pour autant celui de gauche (hausse de la T.V.A.). L’intervention du président de la République, le 26 octobre, devait sonner le glas de tout espoir d’une “autre politique”. Désormais, il devenait clair dans l’esprit de chacun qu’il n’y aurait pas de rupture et que tout continuerait comme avant – au point que les vrais points d’inflexion n’étaient plus perçus. Ce nouveau cours – ou ce retour à l’ancien cours – devait “passer” d’autant plus mal que le style de gouvernement ne paraissait pas très éloigné de la distance caractéristique du gouvernement Balladur. La convergence des regards sur le seul Premier ministre – devenu parallèlement, le 15 octobre, président du R.P.R. – ne devait pas dissiper le sentiment d’une décision prise de manière solitaire, voire, selon certains, autoritaire.

Par ailleurs, sur le plan institutionnel, l’importance de la révision de la Constitution opérée par la loi constitutionnelle du 4 août 1995 – extension du champ d’application du référendum, institution d’une session parlementaire ordinaire unique, modification du régime de l’inviolabilité parlementaire – ne doit pas dissimuler d’autres lacunes: absence du grand audit prévu des finances publiques; édulcoration – due d’ailleurs davantage au Sénat et aux présidents des commissions parlementaires – du projet de création, souhaitée par le président de l’Assemblée nationale, d’un office parlementaire d’évaluation qui aurait permis de consacrer un contre-pouvoir d’expertise propre au Parlement; refus, surtout, d’instaurer un régime strict d’incompatibilité entre mandat national et mandat local, comme le demandaient la gauche et de nombreux constitutionnalistes. Cette dernière réforme aurait cependant pu provoquer comme un électrochoc dans une opinion pourtant peu passionnée par la question des institutions: elle aurait signifié une volonté profonde de réaliser une nouvelle donne politique assurant conjointement un meilleur partage du pouvoir et une efficacité accrue.

Mais on assiste peut-être en même temps à un autre mouvement. Pour l’opinion, la légitimité des gouvernements tient aussi à leur réussite technique, et ce d’autant plus que la perspective de voir se réaliser un vaste programme idéologique paraît moins crédible. Or la montée du chômage et des difficultés de la vie quotidienne a fait que, sur ce plan-là aussi, les gouvernements précédents ont échoué. Les échecs concrets de la gauche – renforcement des inégalités de patrimoines et de revenus, progression de la grande pauvreté, crise du système éducatif – n’avaient fait que rendre plus évidente sa faillite idéologique et souvent morale. Quant à la droite, le creusement des déficits et la crise économique avaient détérioré son image traditionnelle de bonne gestionnaire. La réputation exceptionnelle de compétence qui entourait le Premier ministre, renforcée par son succès incontestable aux Affaires étrangères dans le gouvernement Balladur, n’a fait qu’accroître la déception devant le cafouillage gouvernemental des premiers mois et l’absence de mise en œuvre rapide d’une politique de réforme. Le sentiment de vide politique n’a pas été corrigé par celui de l’excellence technique.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les réactions qui ont entouré le “plan Juppé” sur la Sécurité sociale et les régimes spéciaux de retraite présenté à l’Assemblée nationale le 15 novembre. Si l’ambition réformatrice de grande ampleur et le courage de ce plan ont été salués bien au-delà des rangs de la droite – qui lui avait réservé une ovation triomphale à l’Assemblée, faisant presque oublier les six mois précédents –, le message n’est pas passé dans le pays. Au-delà du caractère largement corporatiste et catégoriel des grandes grèves qui ont suivi et ont paralysé le pays, le soutien inédit d’une partie de l’opinion aux grévistes et la crise majeure de confiance vis-à-vis du gouvernement ne tiennent pas qu’à un évident défaut de méthode. Pas davantage ne peut-on expliquer la protestation par le seul archaïsme de certaines prises de position. D’abord, l’annonce de ce plan est intervenue dans le pire contexte politique qui soit, et toute réforme aurait sans doute paru illégitime: ce qui était sans doute possible au cours des deux premiers mois du septennat ne l’était plus après six mois d’usure précoce du pouvoir. Ensuite, elle a semblé reproduire, de manière directe, l’opposition entre des élites s’autoproclamant raisonnables – dont la prétention avait été dénoncée par le candidat Chirac – et un peuple réputé sans maturité; la demande de parole, d’écoute et de considération ne pouvait être satisfaite par la seule “explication”. Surtout, elle s’est faite sans que les conditions d’un espoir économique crédible soient réalisées, si bien que ce qui est apparu comme une menace pour la sécurité de quelques-uns a été interprété comme un renforcement de l’insécurité pour tous. Partant, la crise a cessé d’être seulement économique et politique pour devenir une crise des institutions de la société: la question de la distribution et de la répartition des richesses, des places et des pouvoirs se pose avec une évidence nouvelle, sans qu’une force politique crédible soit porteuse d’un projet aussi littéralement iconoclaste.

Gauche incertaine et droite sans recomposition

Devant cette crise gouvernementale, les grandes forces politiques n’ont pas présenté, pour la gauche, de projet alternatif ni, pour la droite, de capacité de relais de l’action des pouvoirs publics permettant à la fois de convaincre l’opinion et de faire remonter vers le gouvernement ses attentes et ses peurs. Le R.P.R. comme d’ailleurs le P.S., en raison de leur faiblesse militante et, pour le premier, de son absence de préoccupation de débat démocratique, n’ont pu, en 1995, se prévaloir d’être des médiateurs valables entre les dirigeants et le pays. Le P.C. paraît adopter la ligne de l’“opposition constructive”, semblant soucieux avant tout que le Parti socialiste ne soit pas en mesure de l’emporter aux élections législatives de 1998. Le P.S. s’est ressoudé autour d’une méthode, mais sans qu’un programme clair de gouvernement donne un contenu à la nouvelle structure de direction, par ailleurs consensuelle et peu renouvelée, mise en place lors de la convention nationale du 14 octobre. Ses critiques du plan Juppé – faisant taire rapidement toute velléité d’approbation dans ses rangs, notamment de la part des rocardiens – dissimulent mal son silence pendant les événements de l’automne et son absence de toute proposition alternative. Souhaitant peut-être, sans trop l’avouer, qu’Alain Juppé fasse le travail d’assainissement qu’ils n’auraient osé accomplir, les dirigeants socialistes les plus lucides savent qu’ils ne sont pas encore prêts à incarner une gauche renouvelée, capable cette fois-ci de tenir ses promesses et de mobiliser durablement un pays inquiet.

Quant à la droite, déchirée à l’U.D.F. par des conflits de personnes, elle fait alterner des manifestations d’indépendance (par exemple au Parlement lors du vote du budget), des critiques ponctuelles (émanant notamment de certains anciens balladuriens), sans dimension politique, et des rappels périodiques de l’existence d’une autre voie, tout aussi chiraquienne, pour la gestion du pays (de la part des élus séguinistes en particulier). Au-delà de ce qui apparaît, à tort ou à raison, comme des nuances par rapport à l’action du gouvernement, la droite ne présente pas de projet structuré. Qui plus est, le projet politique envisagé pendant la campagne, par certains gaullistes et quelques intellectuels, d’un rassemblement autour du président au-delà de la sociologie traditionnelle de la droite apparaît plus que jamais comme un mythe sans lendemain.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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